Visiter Grenade,
Comme l’île est vraiment merveilleuse et ses habitants hospitaliers, nous décidons de faire une visite des « sisters », chutes d’eau se trouvant à une demi-heure en voiture de la marina de St Georges .
Ce lundi matin nous quittons donc le voilier à l’aurore ( dix heures) pour prendre un taxi collectif afin de nous rendre sur place. Un taxi collectif est une camionnette genre Toyota qui embarque 8 à 14 personnes à des tarifs très bas ; vous pouvez monter n’importe où et descendre de la même façon après avoir frappé trois coups sur le métal de la portière. Le système fonctionne dans presque toutes les Antilles et est vraiment performant et fiable. Pour un trajet de cette durée la prix sera de un euro par personne ; Imbattable donc.
Le véhicule est en général presque neuf et bien entretenu par son chauffeur .
Le seul bémol est la folie qui prend ce dernier une fois qu’il quitte le parking d’attente des clients.
Ici, à Grenade, les routes sont dangereuses, mal entretenues et bordées d’habitations et de piétons. Malheureusement cela n’empêche pas les conducteurs de se comporter en chauffards et de rouler à toute allure au mépris du respect des vies humaines.
Nous voici installés et dès le démarrage je dis zut. Nous sommes conduits par le cousin de Schumaker. Avec ses 14 passagers, sur la trop sinueuse et étroite route de montagne nous sommes littéralement à fond. Soit sur les freins soit sur l’accélérateur. Le spectacle de la luxuriante nature est somptueux, mais je me demande comment on identifiera les corps étant donné que nous n’avons aucuns papiers d’identité avec nous.
Malgré la route sinueuse, nous parcourons le trajet en moitié moins de temps qu’il n’en faudrait pour le même sur une autoroute de France.
Ensuite, une fois descendus en vie, à mon grand étonnement, les mots me manquent pour décrire l’enchantement de la végétation. Nous sommes dans les collines pluvieuses, encerclés par des centaines d’espèces de végétaux différents. C’est d’une beauté à faire pleurer. Tout respire le calme. Nous croisons une main d’agriculteurs paisibles et très souriants. Et en moins d’une heure nous parvenons aux chutes d’eau convoitées.
Très belles, nous les admirons et y nageons notre saoul et revenons sur nos pas.
Je comprends alors que le taxi « aller » a surtout monté des côtes. Il roulait très vite, mais en montée. Et je suis un peu inquiet en pensant au retour qui nous attend.
Nous patientons au bord de la route lorsque surgit un taxico .
Son conducteur nous voit et dans un grand cri des plaquettes de freins il s’arrête à notre hauteur et nous embarque. Ce n’est plus le cousin de shumi, c’est son frère fou. Je croyais avoir atteint le maximum de la frayeur à l’aller. C’était une erreur. Ici, en descente, il est impossible de ne pas y laisser sa peau . Nous rattrapons et dépassons même le frère de shumi que nous reconnaissons . J’en ris de peur. Mais une fois de plus ( mais combien en tout ? ) le véhicule arrive à sa destination en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire et nous en descendons abasourdis.

